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Le Quotidien de la Réunion

dimanche 10 août 2008

Quelques articles et liens qui parlent du libre et de l’éducation populaire dans l’édition du 10 Août 2008.

Cet été, Nicolas BONIN, journaliste au"Quotidien de la Réunion" a publié dans l’édition du 10 août 2008 un dossier de 3 pages consacré aux logiciels libres à la Réunion. Il nous a autorisé à mettre en ligne ses articles, nous l’en remercions vivement.

Ubuntu , alternative libre à Windows

Les pionniers à La Réunion de l’utilisation du système Ubuntu, concurrent de Windows pour les PC, le revendiquent : c’est une philosophie révolutionnaire qui les anime. Basée sur le partage et l’ouverture des ogiciels, elle attire depuis quelques mois de nouveaux adeptes sur notre île. Ils rejettent le système des logiciels propriétaires comme Windows au nom de nouveaux droits, dont celui de copier et de distribuer gratuitement un logiciel.

Ubuntu, nouvelle expression créole ? Pas vraiment. Ce mot bantou, qui signifie " l’humanité aux autres ", désigne un système informatique d’exploitation concurrent de Windows. Ses atouts ? La gratuité et une philosophie de l’échange et de la libre consultation des données.

Le nombre de Réunionnais qui ont choisi de passer à ce système augmente lentement, mais sûrement. Les informaticiens sont arrivés les premiers, attirés par la possibilité d’accéder au coeur des logiciels pour les modifier. Enseignants ou militants du libre sont venus grossir les rangs des " ubuntistes ". En attendant les particuliers.

Jeudi 31 juillet, à la Possession, ils sont une poignée à s’être réunis pourun café pédagogique à l’initiative des Céméa, organisme de formation des animateurs. Ils découvrent des logiciels libres qui fonctionnent sous le système Ubuntu. Comme un fait exprès, la salle s’appelle Nelson Mandela, un symbole pour un logiciel sud-africain dont le concept est inspiré des théories de Desmond Tutu. Son nom peut-être
compris comme : " Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ", résumé de la philosophie qui l’anime :partage, liberté et communauté.

Traduction d’un logiciel de lecture en créole

" J’aime beaucoup l’idée généreuse d’Ubuntu ", glisse Isabelle Bertil, enseignante. " Je ne suis pas informaticienne mais dès mes premiers pas, j’ai participé à la traduction d’un logiciel de lecture en créole ".

Les logiciels peuvent être modifiés en suivant les principes du GNU institués par Richard Stallman en 1984.

" Lorsque j’ai vu arriver Ubuntu dans l’île, je me suis dit qu’il y avait enfin un concurrent sérieux pour Microsoft ", explique Marius Roch, gérant d’une société de vente de matériel informatique sur Saint-Pierre. Parmi ses clients : des étudiants attirés par le prix d’Ubuntu (gratuit) au lieu de
Windows dont le prix avoisine les 130 euros.

Pour Philippe Vincent, informaticien et représentantle Groupe réunionnais des amis du libre (Gral), le succès d’Ubuntu s’explique aussi par la grande fiabilité d’un système où il n’y a pas de codes malicieux sauf lorsqu’un hacker intervient. " Ce n’est pas Microsoft qui est responsable des virus ", lui répond Guillaume Lapierre, consultant en informatique de gestion pour qui la sûreté d’Ubuntu pourrait ne pas durer si le système se répand.

La révolution vient de son interface graphique aisée à utiliser même pour un débutant, quand les système à noyau linux urent longtemps complexes d’utilisation. Reste à passer le cap de l’installation rendu difficile par les problèmes de compatibilité (voir test page suivante).

A l’instar de Nathalie Carrie, professeur de mathématiques, des enseignants forment leurs élèves à ce système afin de leur offrir une alternative à Windows.

" Ne vaut-il mieux donner cet argent à une entreprise locale plutôt qu’à une multinationale ?"

L’importante suite de logiciels éducatifs présents sur Ubuntu, projet " edubuntu " ou " abuledu ", renforce ce lien privilégié entre la suite et le monde enseignant. Pour l’anecdote, ce sont deux éducatrices qui ont représenté la Réunion lors des rencontre mondiales du logiciel libre à Mont de Marsan en juillet. En témoigne, le rôle des Céméa impliqués dans l’introduction du système à la Réunion.

A l’occasion du Leu Tempo Festival (Quotidien du 10 mai), l’association avait fait venir Pascal Gascoin qui a apporté dans ses bagages le logiciel et a accompagné le lancement de la traduction en créole de cette suite. En parallèle, Gral et Céméas organisent des rencontres afin de faire connaître et partager ce système.

Ces réunions rappellent l’autre visage d’Ubuntu, un visage militant. Citoyen actif défenseurs d’une démocratie directe à la Jean-Jacques Rousseau, Hervé Darce a rencontré les logiciels libres en lisant un article du Monde diplomatique, mensuel proche du mouvement ltermondialiste. " Je suis conscient de m’opposer à Windows. Je préfère simplement l’économie du partage au piratage qui va avec le monde des logiciels propriétaires. "

Sur le site Ubuntu. fr qui rassemble les membres de la communauté, on trouve 33 Réunionnais et une seule entreprise. La conquête des ordinateurs de l’île n’en est qu’à ses débuts. Trouver le logiciel n’est pas encore simple. Pour acheter un ordinateur pré installé, il faut se tourner vers les magasins d’informatiques. Ils perçoivent alors parfois le prix du logiciel normalement attribué à Windows pour leur compte au titre de l’installation. Hervé Darce s’en félicite : " Ne vaut-il mieux donner cet argent à une entreprise locale plutôt qu’à une multinationale ?"

Petit lexique explicatif pour les non initiés

Un peu de vocabulaire sur les logiciels libres :

* Licence GPL GNU : c’est une licence qui autorise l’utilisateur à accéder au code qui crée le programme. Il peut ainsi le modifier, le dupliquer et le distribuer librement à condition que ce programme respecte lui aussi la licence GPL GNU.

* Logiciel libre : c’est un logiciel qui respecte une licence GPL GNU, c’est-à-dire dont on peut modifier, copier, distribuer les codes. Les logiciels libres peuvent être payants au départ. Il ne faut donc pas confondre libre et gratuit.

Il ne faut pas confondre libre et gratuit

* Logiciel propriétaire : c’est le nom donné aux logiciels dont le code source n’est pas accessible pour les utilisateurs, comme dans Windows par exemple. Dans ce cas, l’utilisateur est considéré comme un locataire du logiciel et il dispose souvent d’un nombre limité de copie de ce logiciel. Un logiciel propriétaire peut être fermé.

ON A TESTE POUR VOUS comment je suis passé à Ubuntu

Après plusieurs années à regarder les systèmes linux fonctionner chez des amis informaticiens, j’ai décidé de franchir le pas et de tester Ubuntu.

L’installation de Ubuntu et sa mise en ligne nécessitent d’être accompagné... sauf si vous êtes suffisamment débrouillard avec un ordinateur.

Les préparatifs du voyage

Ne trouvant pas de portable pré équipé me convenant, je vais donc devoir acheter un ordinateur équipé de Windows et installer à la place linux. Pourquoi se débarrasser de Windows ? Il est possible de conserver les deux systèmes afin de s’habituer en douceur à linux. Ceci étant, je n’ai pas envie de devoir reprendre un anti-virus durant la période d’utilisation de Windows. Second argument pour me débarrasser de Windows sans l’utiliser... le remboursement. En effet, en
m’imposant un système dont je ne veux pas, je suis victime de vente forcée, ce qui est contraire à la loi...

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Linux est un système ouvert, à la différence de Windows, l’utilisateur de linux peut accéder aux codes du logiciel, les modifier et les redistribuer à sa convenance. Un ordinateur peut fonctionner avec n’importe quel système.

Le grand saut

Trouver Ubuntu ou linux à la Réunion relève du parcours du combattant. Le site www. Ubuntu. fr offre la possibilité de le télécharger gratuitement. Comme il est impossible de le faire avec un modem (l’opération prendrait 64 h), il faut donc bénéficier de la générosité d’un ami qui possède une connexion adsl. Une fois téléchargé, le logiciel est placé sur un CD qui peut être utilisé sans effacer ce qu’il y a sur votre machine (live CD).

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Avec ses couleurs orangées et ses sons, Ubuntu rappelle son lieu de naissance : l’Afrique du Sud. Le logiciel utilise un noyau linux pour fonctionner et le système gnome qui est une interface graphique. Le système est livré avec une suite complète d’application en bureautique.

Le lendemain : Windows l’amant collant

Avant toute chose : se débarrasser de Vista. Mince espoir vite déçu, le vendeur m’avait annoncé tristement au vu des CD présent dans le carton qu’il faudrait sans doute installer Windows. Dès l’allumage de l’ordinateur... le logo de ce logiciel apparaît ! Lors de la première mise en service,impossible de ne pas accepter les termes du contrat pour ne
pas installer Windows sauf à contacter le fabricant. Direction le panneau de configuration en quête d’un moyen de désinstaller ce programme. Sans succès. Il me faudra formater le disque dur. Heureusement, je n’ai enregistré aucune donnée personnelle dessus.

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L’idéal est de se tourner vers une boutique spécialisée car elles proposent de vendre les ordinateurs avec Ubuntu ou sans système.

Une installation pas si tranquille que ça

Les défenseurs d’Ubuntu avancent qu’il est aussi facile à installer que Windows. Pas avec un portable récent. L’installation débutée, je me retrouve avec un magnifique écran noir. Le pilote de la carte graphique Ati (le logiciel qui commande l’affichage des données) n’est pas reconnu. Après quelques heures de galère, je parviens à faire en sorte que
mon logiciel parvienne à lire la carte grâce aux forums d’aide d’Ubuntu. fr.

L’installation achevée

Le héron, symbole d’Ubuntu apparaît. Amusant : vous pouvez faire tourner votre système en Suomi (la langue de certains pays nordiques), en Esperanto (un langage universel) et même en Ouïgour (une langue parlée dans l’Ouest de la Chine). La version en créole réunionnais est en cours de réalisation ! Plus pratique, les malvoyants trouveront les
logiciels d’aide à la lecture dans le pack d’origine !

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C’est un des grands problèmes des systèmes linux aujourd’hui. De nombreux périphériques, c’est-à-dire les appareils qui accompagnent votre ordinateur (modems, carte graphiques, etc), utilisent des pilotes qui ne fonctionnent qu’avec Windows. Pour certains appareils, il faut tester la compatibilité avant de l’installer, voire s’en passer. Pour d’autres, il existe des solutions mises au point par des utilisateurs de linux. C’est la grande force de ce système : de véritables communautés existent et échangent informations et questions notamment sur le forum d’Ubuntu.

Une semaine et demie plus tard

La catastrophe ! J’ai commis ma première bourde : essayer de télécharger des mises à jours depuis un autre poste puis les installer via un CD. Le problème c’est que linux fonctionne avec des paquets de codes et non des logiciels à installer clé en main. Mon ordinateur est inutilisable. Après plusieurs réinstallations (retour à la case carte non détectée), je parviens à réinstaller Ubuntu. Une fois l’ordinateur connecté à Internet (attention il faut configurer certains wifi), il devient très simple de mettre à jour le système, de télécharger ou d’ôter des logiciels et Ubuntu prend enfin vie avec toutes les possibilités qu’il offre.

Zoom

Ubuntu est un système ouvert, c’est-à-dire que son utilisateur a la responsabilité de ce qu’il fait dessus. Le revers de la médaille est que certaines erreurs coûtent chers.

Un mois plus tard : comme si je l’avais toujours utilisé

Open office, Scribus, Gimp, Firefox, je me sens comme un poisson dans l’eau au milieu des logiciels gratuits de la suite Ubuntu. Il faut dire que la plupart existent également en version Windows... Ayant gardé un PC fonctionnant sous ce système, je peux constater sa stabilité. Je n’ai pour l’heure été victime d’aucun bogue depuis ma mauvaise manipulation. Allez une petite comparaison pour finir : en cliquant sur
cont-alt-sup, je peux voir sous Windows les logiciels en activités, ils sont plus d’une trentaine et je ne sais pas à quoi ils servent. Sous Ubuntu, cinq ou six logiciels fonctionnent et je sais pourquoi.

Les pionniers du libre

C’est en 1983 que Richard Stallman lance l’idée de la licence GNU qui donne à l’utilisateur le droit d’accéder au code d’un logiciel, de le modifier et de le distribuer librement.

GNU (il faut prononcer gnou comme l’animal qui sert de symbole) est un acronyme qui signifie " Gnu is not unix " du nom du système qui existe à l’époque et que Microsoft ou Apple transforment en se réservant le droit d’accéder au noyau. Opposé à la privatisation des codes informatiques,
Stallman devient le promoteur des logiciels libres et de leurs enfants naturels comme l’encyclopédie Wikipédia.

Le droit d’accéder au code d’un logiciel

Après avoir fait fortune dans la sécurité internet, le milliardaire sud-africain Mark Shuttleworth décide d’investir sa fortune pour promouvoir les logiciels libres.
Premier touriste dans l’espace, il souhaitait offrir au monde un concurrent au système Microsoft tout en valorisant son pays d’origine. Ubuntu, produit de sa société Canonical, se veut une llustration parfaite de l’esprit post-apartheid. On peut comparer son action au combat que mène cet État dans le domaine des médicaments génériques : offrir des ressources clés pour le développement au meilleur prix possible.

L’avis d’une musicienne

" Mozart a créé les variations à partir d’un air populaire. " C’est ainsi que Domi musique, surnom de cette formatrice en musique auprès de l’IUFM, défend l’idée de la musique ouverte. Armée de son logicielAudacity, la musicienne fait chanter le public et lui apprend a créer à partir de morceaux libres.

" C’est un séquenceur, nous pouvons travailler différentes parties d’un morceau de musique, les adapter et enregistrer une voix dessus. "

Intarissable lorsqu’il s’agit de parler de ce logiciel, Domi y voit le signe d’une époque formidable faite de rencontres et d’échanges. " C’est l’heure de la création collective, j’aime bien entendre des versions rock de la cinquième de Beethoven. Ce qu’a créé le musicien, c’est un thème. Tant qu’on respecte ses sources, alors on peut tout transformer. " Tout, oui mais avec l’idée de beau et l’envie de donner confiance à ceux qui participent.

Confiance en soi, c’est ce qui conduit cette novice en informatique à passer petit à petit sous Ubuntu grâce à un système de double boot qui lui permet de faire tourner sur son poste Windows et Ubuntu en parallèle.

" Je suis en phase d’apprentissage et je n’aime pas m’enfermer dans un système ", conclut celle qui vénère le jazz, " cette musique métisse. "

L’avis d’une prof de math

" Les élèves ne sont pas formaté Windows ", glisse Nathalie Carrie, professeur de maths. Dans son lycée de Saint-Louis, elle a remplacé le parc informatique par une suite sous Ubuntu.

Elle a dû convaincre des collègues inquiets autant qu’elle à former des dizaines élèves. " Ne soyons pas naïfs, les élèves possèdent chez eux des environnements Windows, le lycée doit les ouvrir à différents environnements pour leur permettre de s’adapter. "

Côté cours, Nathalie a trouvé sous Ubuntu de nombreux logiciels de mathématiques. Cette mordue d’informatique, qui évoque facilement son premier IBM en 1983, a par ailleurs participé à la création d’un CD de logiciels didactiques. " J’ai très vite été gagnée aux systèmes fonctionnant avec un noyau linux GNU, pour leur qualité technique mais également parce que le droit de modifier des programmes et de les adapter est à mon sens aussi important que le sont les droits de
l’Homme. "

Son divorce avec le système créé par Microsoft est venu le jour où un de ses PC a planté avec ses cours ;

" Un ami m’a alors aidé en me fournissant un live CD, j’ai pu récupérer mes données. " C’est de cette expérience qu’elle tirera les leçons lorsque le parc informatique du lycée devient inutilisable car les postes sont vérolés ou ne disposent pas de certaines licences. " Durant un an, j’ai dupliqué mon live CD et j’ai pu ainsi utiliser les postes avec mes élèves. Et puis l’année dernière, j’ai obtenu le droit d’installer Ubuntu sur tous les postes. Depuis, ils fonctionnent sans virus. "

L’avis d’une enseignante

" Je ne suis pas une informaticienne, mais dès mes premiers pas, j’ai contribué à améliorer l’ensemble en traduisant un logiciel de lecture en créole ", explique Isabelle Bertil, enseignante responsable desCéméa.

C’est avec son association qu’elle a découvert Ubuntu au mois d’avril. Après une formation organisée pour les animateurs, Isabelle Bertil multiplie les cafés pédagogiques. " Lorsque les animateurs participent aux centres de loisirs l’été, ils sont souvent dans des écoles où l’utilisation des ordinateurs n’est pas simple. Avec un live CD d’Ubuntu, ils peuvent utiliser n’importe quel poste sans modifier son contenu ".

Les animateurs trouvent sous ce système une suite complète de logiciels éducatifs, à l’image de la suite Abuledu. " Il y a de nombreuses possibilités car nous pouvons améliorer ces projets éducatifs nous-même et partager. La gratuité nous permet d’équiper tous les animateurs qui le désirent. "

Dans son utilisation personnelle, Isabelle se limite au traitement de texte, à l’écoute de musique et lorsqu’elle a besoin de comprendre une partie du système, elle appelle son ami Pascal Gascoin qui l’accompagne depuis le début.
" Je réapprend beaucoup de chose ", reconnaît-elle. " Je ne m’étais pas rendue compte combien nous étions liés à Windows. Là, il faut changer, se libérer. "

L’avis d’un militant

" Je suis conscients de m’opposer à Windows mais je préfère l’économie du partage au piratage qui règne dans le monde propriétaire. " C’est avec un sourire qu’Hervé Darce, professeur de physique, raconte comment l’utilisation d’Ubuntu est pour lui une forme d’engagement. Ce "rousseauiste " convaincu accomplit son combat à travers le libre. " Je suis favorable à la démocratie directe et avec les nouveaux modes de communication, c’est possible. "

" J’ai découvert ce système dans le monde diplomatique en 1992. J’enseigne le savoir et il n’appartient à personne, le théorème de Pythagore appartient à l’Humanité. Je pense qu’il en va de même pour un code informatique ". Et ce citoyen qui roule en vélo de poursuivre : " Windows, c’est le vieux modèle industriel. Je suis d’accord pour payer un travail une fois mais pas à vie. Lorsqu’un architecte construit votre
maison, vous ne lui versez pas un loyer. "

Trois questions à...

... Marius Roch, gérant d’une société d’informatique.

- Ubuntu à la Réunion est-ce une révolution ?

- Lorsque j’ai vu arriver Ubuntu dans l’île, je me suis dit qu’il y avait enfin un concurrent sérieux pour Windows. Je connaissais les systèmes à noyau linux et j’ai testé celui-ci. Il a l’avantage d’être très simple d’utilisation et il y a une large communauté qui en assure le support.

- Etes-vous inscrit comme support technique professionnel
à Ubuntu ?

- Oui car j’ai commencé à vendre des machines équipées de ce système. Ce sont surtout des étudiants qui achètent Ubuntu, ils économisent le prix de Windows et retrouvent de nombreux logiciels directement accessibles. Ceux qui l’ont essayé en sont pour l’instant satisfaits.

- Ubuntu, c’est le bonheur ?

- Certains logiciels spécialisés n’existent pas encore et il y a peu de jeux récents. Il est par ailleurs complètement compatible avec les autres systèmes. En revanche, pour le prendre en main seul, il faut être un amateur éclairé ou être accompagné.

Ubuntu ou Windows ?

Guillaume Lapierre est consultant en informatique de gestion au sein d’une entreprise réunionnaise. Après avoir testé des systèmes utilisant un noyau linux, il a choisi de conserver un système Windows sur son ordinateur personnel. Sans être réfractaire aux autres systèmes, Guillaume défend Windows.

- Si nombre d’informaticiens estiment que Windows est un mauvais système, vous estimez au contraire qu’il a un intérêt. Expliquez-nous pourquoi ?

- Les systèmes à noyau linux sont en effet très bien, mais pour les maîtriser, il faut être débrouillard. Windows convient très bien à des novices parce qu’il y a très peu de soucis concernant la compatibilité des périphériques. Que peut faire un novice face à un problème de compatibilité s’il est seul ?

- Mais qu’en est-il du reproche de stabilité qu’on fait généralement à Windows ?

- C’était vrai avant Windows NT. Les systèmes linux avaient alors deux avantages : la stabilité et la gratuité. En 1998, Windows a fait d’énormes progrès et a gagné en stabilité. Quant à la gratuité, c’est Bill Gates l’inventeur de Windows qui l’a inventée. Elle lui a permis de vendre ensuite son système après lui avoir offert une notoriété.

- Et les virus ?

- Microsoft ne peut pas être tenu pour responsable des virus qui circulent sur son système. C’est le système le plus répandu, il est normal qu’il y ait plus de virus dessus. Il existe par ailleurs des virus sous linux, j’en tiens pour preuve l’existence d’anti virus sous ce système. Si les systèmes utilisant linux étaient plus répandus, ils connaîtraient eux
aussi des problèmes de virus.

- Etes-vous hostile à Ubuntu ?

- Non car plus il y aura de concurrence entre les systèmes, meilleurs ils deviendront.

Philippe Vincent est informaticien et président du Groupe réunionnais des amis du libre (Gral). En 2002, il est tombé amoureux du système linux.

- Quelles sont les qualités techniques du système Ubuntu ?

- Avec Ubuntu, on peut apprendre à l’infini et c’est un système plus stable que Windows. De nombreuses entreprises utilisent des systèmes linux pour certaines applications. En plus ce sont des systèmes libres et ouverts, on peut les améliorer soi-même.

- Est-ce la fermeture de Windows qui lui cause des problèmes ?

- Si je suis seul à administrer un logiciel, je ne peux pas être sûr de sa fiabilité. En revanche, si je l’ouvre et que je permets

- Qu’en est-il des virus ?

- Comme le système est ouvert, il n’y a pas de failles exploitables par des codes malicieux. Il y a en revanche la possibilité que des hackers interviennent. Cependant on parle plus souvent d’exploits que d’actions néfastes, car le but de ces hackers est d’aider à renforcer la sécurité globale. Dans un système où l’utilisateur peut voir les portions de codes : une portion malveillante est introduite repérable.

- Il y a pourtant des anti-virus ?

- Ce sont surtout des firewalls. Ces logiciels sont utiles pour les entreprises qui veulent protéger leurs serveurs des intrusions, les particuliers n’en ont pas besoin.

Les différents articles en téléchargement :

PDF - 85 ko
L’avis d’une enseignante
PDF - 101.7 ko
L’avis d’un militant
PDF - 89.2 ko
L’avis d’une musicienne
PDF - 82.9 ko
L’avis d’une prof de maths
PDF - 69.4 ko
Comment je suis passé de Windows à Ubuntu
PDF - 83.7 ko
Lexique
PDF - 75.8 ko
Les pionners du libre
PDF - 144.5 ko
Windows ou Ubuntu ?
PDF - 100.1 ko
Trois questions à...
PDF - 55.5 ko
Ubuntu, alternative

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